Le
dimanche avant la Saint Jean a lieu
au Canigou "la trobada". Il s'agit de la rencontre de catalans de coeurs
qui proviennent de Paris, de Barcelone, d'Argelès, de Bruxelles,
de Figueres, de Strasbourg, de Valencia...
Des
centaines de personnes portent en représentation de leur ville ou
leur village des brindilles ou des fagots qu'ils déposeront au pic
du Canigou.
Tous
lors de cette fête de Saint Jean apportent leur contribution, il
s'agit d'une construction collective.
Chaque
année le 22 juin un groupe de personnes monte au sommet du Canigou
et s'occupe d'allumer un feu et de le surveiller pendant toute la nuit.
Francesc
Pujades avait dû quitter l'Espagne et s'était réfugié
en Catalogne Nord dans le Vallespir. C'est en 1955 en s'inspirant
d'un poème du poète Catalan M.
Cinto Verdaguer qu' il eut l' idée de créer "L'esprit de
la Flamme du Canigou". Son intention était de défendre la
langue catalane dont il fut privé pendant tant d'années.
Il
prit l'iniciative d'allumer un feu la nuit du solstice d'été
au sommet du Canigou. Tous les villages et les villes des pays catalans
pouvaient être représentés. Chacun devait porter des
branchages de son terroir, les branches seraient anonymes mais porteraient
un nom commun: celui du village ou de la ville.
Une
fois tous les fagots, branches, brindilles allumés, le feu embraserait
le sommet du Canigou et la FLAMME symboliserait l'union de tous les pays
catalans.
En
effet c'est depuis 1964 que la flamme brûle sans arrêt dans
une pièce du musée du Castillet. A partir de cette date la
flamme ne s'est jamais éteinte, et chaque année, après
sa promenade le long des sentiers qui mènent au pic et après
sa courte nuit passée au sommet de la montagne, elle rejoint son
asile.
Pendant
toute la nuit, la veille de la Saint Jean, un
groupe de montagnards monte au pic pour veiller sans relâche le grand
feu qui a été allumé avec la flamme qui reposait au
Castillet de Perpignan.
De
bon matin, les représentants des villes et des villages des pays
Catalans allument leurs torches et partent en voiture jusque chez eux pour
allumer, sur la place du village, le grand feu de joie de la Saint Jean.
Ainsi
tous les feux de la Saint Jean s'unissent.
Au
début, dû à la situation politique que vivait l'Espagne,
la flamme du Canigou en Catalogne était clandestine.
Ce
n'est qu'en 1966 que le feu traversa la frontière et arriva à
Vic petite ville située au Nord de Barcelone.
Petit
à petit le feu s'étend dans tous les pays catalans et de
plus en plus de feux de la Saint Jean sont allumés avec la flamme
du Canigou. "De main en main, de lampe tempête en lampe tempête,
la Flamme vole". Des équipes s'organisent pour faire arriver, en
voiture, en moto, à cheval, à course à pied ... le
feu dans les villes et les villages. C'est le cas de Vidreres village situé
près de Gérone.
Chaque
année des jeunes de Vidreres montent au sommet du Canigou, avec
un fagot de bûches provenant de leur village. Tous les représentants
de quatre coins des pays catalans déposent au sommet du Canigou
leur fagot. Le 22 au soir les représentants de Vidreres, comme ceux
d'un grand nombre de villages, allument le grand feu au sommet du Canigou
et le 23 au soir ce sont les enfants du village qui prennent le relais
de la flamme et avec l'aide des grands ils allument le grand bûcher
sur la place du village pour célébrer larrivée du
solstice d'été.
Actuellement
la flamme arrive même dans un petit avion jusqu'à Reus,
ville située au sud de Tarragone, et de là la flamme s'étend
dans tous les pays catalans: le Pays Valencien, les îles Baléares
et l' Alguer.
A Barcelone
la flamme arrive au Parlement Catalan et à la Mairie, ensuite les
représentants de chaque quartier viennent la chercher sur la place
de la mairie et la flamme se disperse dans la ville et les villes et villages
des environs.
Actuellement
c'est grâce au feu et à la flamme et
grâce à cette journée que les villages des pays catalans
s'unissent pour faire vivre leur culture et leur langue. Ainsi reprenant
une ancienne tradition, le sens collectif des feux de joie renaît.
La
flamme du Canigou est une expression du sentiment populaire. La fête
de Saint Jean suppose pour les pays catalans un signe d'identité,
dont la langue catalane serait le moteur. |