Courriels adressés à la Tortue et à la Grenouille par la Mangusta , le Castor et Il Lupo Francesco
|
Hélas, cette âme-soeur n'existe pas et elle doit se contenter de quelqu'un qui change de cool. Il n'y a pas de mal, d'être parfois différent, à moins que tu ne blesses personne en enlevant le masque. Chaque individu a besoin de ça. On ne peut pas toujours rester dans sa peau, il faut avoir obligatoirement quelque chose qui te serve de comparaison,de balance, afin de bien t'orienter là ou tu es. Le monde est multispectaculaire et on doit avoir de la lumière partout. Le masque est nécessaire non pas pour se cacher derrière, mais pour le mettre quand on veut s'abriter au milieu du calme. Il est une sorte d'armure qui nous protège contre la monotonie, la stupidité, l'arrogance, l'imperfection de ce monde Castor - 26/01/07
|
|
Et je me demande comment
serait le masque d'une personne ordinaire qui vit loin des farces du
monde matériel. Je suis persuadée que ce masque assurera à cent pour cent une sérénité abondante, alimentée par la fidélité à soi-même et à celles et ceux qui autour de nous le méritent. N'hésitez pas à vous procurer cette jolie décoration !Finalement la vie, n'est-elle pas un carnaval sans fin? Flo-Vert le 28/01/07 |
|
Noi siamo delle
stelle filanti, che si srotolano allegre e tristi nella bellezza immota di
un carnevale vivente,stupite dai colori del cielo e dai sorrisi
evanescenti delle maschere mimetiche,intrise a loro volta di profumi
camaleontici, felici e timorose dei raggi del sole del domani, timide ed
arroganti nei loro colori,fluttuanti e torride nelle loro vesti antiche,serene
e allegre, ammiccanti al mondo, Sirene degli Argonauti e di Ulisse,pozioni
della Maga Circe che, al Circeo...trasformava gli uomini....in Maschere. |
Où allons-nous ? Réponse du Castor à la Causerie 4 de la Tortue Chère Tortue Non, n'est-ce pas, car
tout est visible, irréductible, crédible. Tu vois, je peux tout- créer, dévaster, aimer, détester. Je maîtrise l'Univers. car j'ai Evolué, je ne suis pas comme toi, une simple Tortue, connue
pour sa fidélité naïve et la lenteur de ses pattes, au lieu de
quitter sa maison et se mettre derrière le volant d'une mercedes. Bravo! Flatté et confus
à la fois, je continue: la bombe atomique, les gratte-ciel et
l'aliénation, car l'argent me fascine avec le tintement de son métal
et le froissement de son papier en soie et me rend sourd aux souffrances
des souffrants. Alors, quoi faire? Accepterais-tu de te rejoindre pour retrouver chez toi ce que je n'ai pas eu au cours du temps, tout pressé de me développer de plus en plus? Je voudrais très fort imiter ce que Mark Twain avait fait: " Quand
les brutalités des hommes m'auront dégoûté suffisamment,
j'irai chez les animaux. Ainsi
parlait le Castor le 25/04/07
... ----------------------------------------------------------------------------------------- Réponse de la Tortue le 25/05/07 : Cher Castor, Merci pour ton message. Je pensais que, sur ce petit forum, nous resterions entre nous, les animaux. Alors, je me suis dit : « Tiens ! Un castor ! Le point de vue d’un mammifère vivipare n’est certainement pas à négliger ». Mais j’ai vite compris que ton nom m’a induite en erreur. Que je sois dans l’erreur ou dans la vérité, je ne parlerai ni de masque ni de simulation aujourd’hui. Mon amie la Grenouille et moi avons déjà noirci pas mal de papier sur le sujet, bien que nous ne l’ayons pas épuisé, loin de là. D’ailleurs, tu soulèves tellement de questions importantes dans ta lettre, que je n’ai que l’embarras du choix. Je concéderai, bien volontiers, que l’évolution de l’homme a été extraordinaire, ces temps-derniers. Cependant, cette station verticale dont tu es très fier, me semble bien précaire : ne le voit-on pas débuter sa vie à quatre pattes et la terminer sur trois. Bipède, il l’est sans doute pour de très brèves années. Entretemps, il a appris à parler, c’est vrai. Et cela constitue certainement un grand moment de son histoire. Le point de départ, sans doute, de l’Histoire Universelle comme vous l’appelez en toute simplicité. Juste quelques petits millénaires pourtant. Il a aussi inventé l’écriture. Là, je ne résisterai pas à l’envie de te raconter cette légende chinoise sur l’origine de l’écriture. Comme tu le sais, sans doute, les chinois furent les premiers terrariophiles au monde. Voici ce que dit cette légende. Lorsqu’elle est exposée, pendant quelques minutes dans le feu et les flammes, notre carapace, présenterait des craquelures et des fêlures remarquables dans lesquelles les savants et les devins ont vu des symboles qu’ils se sont empressés de transcrire. Ces motifs seraient à l’origine des premiers idéogrammes qui ont, peu à peu, donné naissance à tout le système d’écriture chinois. Par ailleurs, les formes des écailles, sur notre carapace, auraient inspiré les devins dans l’élaboration de dessins magiques sur la base desquels furent représentés les chiffres. Si tu veux bien : rendons à César… ! Je n’ai aucune difficulté à admettre que vous êtes devenus « tout puissants ». Et la liste des exploits que vous avez accomplis est sans fin. Je trouve bien réduite celle que tu me présentes, mais je mets cela sur le compte de ta modestie qui contraste avec la prétention et l’arrogance du genre humain sur notre terre. Ton espèce est convaincue qu’elle est le point d’aboutissement, le but et la raison d’être de l’Evolution. Mais quel délire ! Quelle folie ! Permets-moi aussi de douter de la perfection de cette évolution. L’homme moderne me paraît plongé, de nos jours, dans une confusion inouïe, et le chaos qui semble régner dans son esprit est indescriptible. J’aimerais maintenant te donner mon avis sur cette irrépressible envie que tu éprouves de « retourner à la nature ». D’après moi, tu es là en pleine utopie. Dis-toi bien que c’est fini ! Et certaines religions l’on parfaitement bien expliqué : que ce soit la faute à un quelconque reptile, un lointain cousin, ou à une quelconque pomme, un vulgaire végétal, il n’y a plus rien à faire ! Le « paradis » est perdu et bien perdu ! La religion, la connaissance, la science, mais aussi le langage, l’écriture, la conscience, …toutes ces chaînes ont accompli leurs effets : l’homme ne saura plus jamais se conduire comme un animal. Mais il ne devrait pas, pour autant, fausser le rapport qu’il a établi avec l’animal et la nature. D’ailleurs ne sommes-nous pas tous des produits de cette nature ? Il est une grande chose que nous partageons avec vous: c’est la vie. Et si l’animal a, en général, gardé tous ses instincts de vie, l’homme semble avoir perdu les siens. La brutalité, par exemple, qui semble te préoccuper, fait partie de la vie tout comme la violence, la cruauté, la perfidie, la méchanceté, l’envie de détruire. Les animaux paraissent mieux gérer tous ces états d’âme que l’homme ; lui, il préfère nier leur existence quitte à les voir exploser soudain provoquant des hécatombes stupides et inutiles Et tu n’as nullement besoin de te rendre chez les animaux, comme le suggérait Mark Twain, recherche ce que tu crois avoir perdu, chez toi, en toi : tu y trouveras l’humanité et l’animalité. Votre problème c’est que vous vivez une époque de construction d’énormes masses d’unités interchangeables : elles sont réduites au rôle de fonctions. Noyé dans ces masses, l’homme moderne est devenu fatalement trop grégaire. L’individu doit se réveiller, s’affirmer, se construire, « devenir ce qu’il est ». Certes, il ne peut le faire qu’en sortant de la norme, de la masse, et c’est bien là qu’est la difficulté. La tâche est énorme, l’ouvrage est à remettre sans cesse sur le métier, pourtant le résultat est souvent un chef d’œuvre, le Grand Œuvre peut-être. Et ce sont ces chefs d’œuvre invisibles comme des astres lumineux trop lointains qui éclairent le chemin à suivre par l’humanité pour laquelle je nourris, moi la tortue, les plus grandes ambitions. S’il parvient à atteindre ce niveau, ce n’est pas « triste, déçu et insatisfait » que l’homme s’approchera de ce point final que tu évoques, mais content d’avoir construit ce petit pont que ses fils et ces petits-fils pourront emprunter,un jour, pour construire l’indispensable homme de demain. Cordialement, Kurma
Réponse du Castor le 14/06/07 Chère Tortue, Seulement, toi et moi, nous parlons des langues différentes et il est possible que je n'aie pas compris quelque chose. Saint-Exupéry nous avait dit que la "langue est une source de malentendus". D'où un traitement faux de la légende.On se demande:"Faut-il brûler la carapace sèche pour en obtenir des lettres éclaircissant l'esprit? Ce serait la question que la légende suggère. Je dirais: Oui. Au nom de l'éveil spirituel, tout et permis, y compris les actes destructifs,. car, après cet éveil, arrive la liberté totale: morale, physique, personnelle, sociale. C'est pourquoi j'ai aimé
la légende. La voici: Le Berger demanda:"Pourquoi pleures-tu, mon petit mouton?" Celui-ci expliqua: "Te souviens-tu, Berger, il y a dix jours, le fleuve est arrivé trop fort, le troupeau fut coincé sur l'autre rive,tu étais juste en face, tu criais, hurlais, suppliais le bon Dieu que le torrent n'entraîne pas le troupeau dans ses eaux violentes. Ce fut alors ma mère Rogoucha qui ramassa toutes ses forces et eut le courage de faire passer le troupeau par les eaux bouillonnantes. Ma mère, elle , sauva le troupeau. Tu attendais sur la rive opposé, sans plus de forces, mais heureux, et embrassais tous les brebis l’une après l'autre. Et à travers les larmes, tu as dis à Rogoucha: " Je vais couvrir tes cornes d'or et tes pattes d'argent" Seulement, le lendemain,
sont venus les marchands de viande, et tu leur as vendu Rogoucha.
C'est pour cela que je pleure maintenant. pour ma mère vendue aux
bouchers" Tu comprends maintenant
pourquoi je t'avais parlé de Mark Twen, pourquoi je pense que les
animaux sont plus humains et que c’est là qu’il faut chercher le
remède pour nos blessures. Qui choisis-tu, le Berger ou Rogoucha? Et
qui est le plus détestable, le berger ou le marchand ? Tu voterais
pour Rogoucha, j'en suis sûr, repliquant tout de même que le Berger
devrait assurer son existence. Mais, quelle serait cette existence assurée
contre noblesse, abnégation, générosité, courage? Quand il"va
se réveiller, s'affirmer, se construire, devenir Le
berger, connaît-il le prix de la gratitude? De toute façon, tu es dans une position favorable, grâce à ta carapace solide. Tu sais, mes poils me
rendent vulnérable, donc, plus facile d'être convaincu et neutralisé
en cas d'avis opposé. Soit. Chacun continuera son chemin- tu croiras en
l'homme, moi, j'en suis , malheureusement desillusionné. Ainsi va le
monde, dans un accord imparfait. Heureusement .... Le Castor Ainsi
parlait le Castor le 14/06/07
... Réponse de la Tortue le 30/06/07 : Cher Castor, Tu m’inquiètes un peu lorsque tu exprimes ton enthousiasme presque sans borne pour l’esprit humain et ses soi-disant exploits parmi lesquels tu ranges la « liberté totale ». Il est certes vrai que la fierté et l’orgueil de cet esprit sont parfois tels que l’homme a bien du mal à accepter l’idée qu’il descend du singe ; alors, il s’efforce de creuser un abîme entre l’homme et la nature, entre l’homme et l’animal! L’homme se place ainsi sur un piédestal. Cela doit être grisant ! Cette manière de penser peut permettre de comprendre ton engouement presque fanatique pour les réalisations de l’esprit auquel tu concèdes un généreux droit de destruction ; par contre, il explique moins bien ton attraction pour les animaux que tu trouves « plus humains et susceptibles d’apporter des remèdes à nos blessures. » Les deux positions ne doivent pas être faciles à concilier. Quoi qu’il en soit, il me semble imprudent de concéder à cet esprit une autorité sans limites. Je suggère que nous le considérions plutôt comme un simple organe que l’on pourrait assimiler à un autre organe de notre corps. A un estomac, par exemple. Chez nous, les animaux, l’esprit est des plus réduits, voire inexistant. Cela est évident. Chez les humains, il est le plus nouveau et, sans doute, le plus mal développé de tous les organes. Il est donc prudent et sage de ne pas lui porter la même confiance que celle accordée aux poumons, pour assurer la respiration, ou bien au cœur, pour gérer la circulation du sang. D’ailleurs, il n’a pas encore de fonction propre, clairement définie dans l’économie du corps de l’homme. Il est comme un enfant qu’il faut placer sous surveillance et l’aider à grandir. Aussi serait-il dangereux et inconséquent de lui donner trop de pouvoir ; en tout cas, ne lui donnons surtout pas un pouvoir de destruction sans condition. Et s’il le faut, soyons également prêts à lui pardonner (mais que faire d’autre !) ses enfantillages : certaines métaphysiques, religions ou pseudo philosophies, constituent des exploits dont il est responsable et qui ont engendré des catastrophes mémorables tout autant qu’inutiles, d’un point de vue d’un chélonien. Les histoires, les contes populaires et les mythologies sont aussi à mettre à son actif. Ceux que la mémoire humaine a conservés pendant des siècles, sont toujours très riches en enseignements. Mais contrairement aux apparences, ces histoires ne sont pas toujours facilement accessibles : elles ne sont pas déchiffrées parce qu’elles sont lues. Il faut parfois s’arrêter et surtout ruminer, avant de parvenir à en extraire la substantifique moelle. Il faut donc les interpréter. Je te remercie de m’en envoyer une comme un nouvel os à ronger et qu’il faudra bien rompre. Si je l’ai appréciée, ce n’est certainement pas pour les mêmes raisons que celles que tu évoques. Il est normal qu’une Tortue ne pense pas de la même façon qu’un Castor ou qu’une Grenouille. C’est bien d’ailleurs pour cela que nous pouvons poursuivre nos longues discussions autour de cette mare virtuelle ou le hasard nous a réunis. Tout d’abord je voudrais préciser mon point de vue en ce qui concerne la manière de considérer les animaux que nous sommes. Je ne voudrais surtout pas que les humains qui pourraient nous lire, se fourvoient dans de fausses idées et nous prennent pour ce que nous ne sommes pas. Depuis Rousseau, ils ont trop tendance à idéaliser la Nature et à nourrir une grande nostalgie à son endroit, ainsi qu’à se faire des illusions sur la réelle nature animale. La Fontaine que je remercie au passage de m’avoir accordé la victoire lors d’une course épique , avait sans doute déjà préparé le terrain. En dehors de toutes considérations biologiques ou zoologiques, il me semble de la plus haute importance, de ne pas traiter de la même façon le lion et le mouton, le loup et le veau, l’aigle et l’agneau. Les premiers sont des animaux sauvages ; ils le demeurent même lorsque les hommes les mettent en cage ; les seconds sont des animaux domestiqués, et souvent grégaires, des animaux de troupeau. Cette distinction, je la fais, surtout eu égard à l’homme et pour lui être agréable, lui qui pense être au centre du monde et l'avoir apprivoise. Il n’en demeure pas moins que c’est parfois dans la deuxième catégorie que je le classerais, fort impertinemment, lui et son esprit. Mais, de nos jours, personne ne demande l’avis d’une tortue, sur ces choses-là. Il se trouve, Cher Castor, que les moutons sont des animaux domestiqués, tout comme les vaches et les bœufs, tout comme certaines catégories de pucerons pour les fourmis. De ce fait, je suis au regret de t’avouer que je me garderai bien de te répondre lorsque tu me demandes de choisir entre le berger et Rogoucha à qui je veux bien rendre hommage pour sa démonstration de courage, lors de son acte héroïque. Tout comme le Général ou l’Homme politique rend hommage au brave soldat qui a donné sa vie pour défendre sa Patrie, n’est-ce pas? Le troupeau sera toujours, hélas! le troupeau. Mais choisir entre l’animal sauvage et l’animal domestiqué : voilà une question sur laquelle je veux bien me prononcer. La Tortue que je suis, préférerait, sans conteste, le modèle offert par le loup d’Alfred de Vigny. Tu sais bien, celui qui est mort en déclamant : Gémir,
pleurer, prier est également lâche. Fais
énergiquement ta longue et lourde tâche Dans
la voie où le sort a voulu t’appeler, Puis
après, comme moi, souffre et meurs sans pleurer. Mais l’homme moderne comprend-il encore ce genre de langage ? Au risque de te décevoir, Cher Castor, je réserverai ma compassion à l’homme moderne que l’on continue de maltraiter en s’adressant à lui comme s’il était un animal apprivoisé, domestiqué et grégaire, ou comme si l’on voulait qu’il le devienne. Cet homme moderne dont on s’efforce d’accroître la médiocrité en le maintenant dans l’angoisse, la crainte et l’ennui de sa propre nature. Cet homme enfin qui semble avoir perdu, dans le chaos culturel où il est plongé, ses repères essentiels et ses meilleures illusions. J’ose espérer que ta déception n’est pas totale. Cordialement, Kurma |
Message du Castor le 20/09/07:
Chère Kurma l’Avatar,
Mon long silence a été brisé par
une comparaison que j'ai faite entre la Terre et Toi lors de la visite assez
prolongée d'une exposition intitulée "La
Terre vue du Ciel".
Mes pensées s'envolaient irrésistiblement vers toi.
Tu es étonnée? Je vais t'expliquer.
La Terre est comme une tortue…
Ta carapace, chère Tortue, est
tellement dure, tellement solide qu'elle peut résister à un poids énorme.
En même temps tu es protégée si délicatement que ton corps et ton coeur sont
en pleine sécurité,
grâce à cette carapace précieuse.
En regardant l'exposition j'ai réalisé que la Terre est pour les êtres
vivants et morts
ce qu'est pour toi ta carapace: abri, refuge, repos, bénédiction, lieu paradisiaque.
Menaces
sur la Terre
Seulement, sais-tu, chère Tortue, ce que fait l'homme, celui qui prétend être
le plus important des plus puissants?
Il l'écrase, l'incendie, épuise sans relâche ses ressources, la prive de ses
forêts, sature son air de ses gaz insupportables à tel point qu'elle commence
à étouffer.
Mais Sa Majesté ne s'y intéresse
pas. Il est égoïste, vulgaire et arrogant.
Il roule dans des voitures, jette partout ses ordures,, s'enorgueillit de ses
victoires nucléaires, organise des safaris et met sous béton les plus frais
plis de sa poitrine..
L’espoir
…
Heureusement, il existe quelques exemplaires du genre humain épargnés de cette
maladie horrible.
L'un d'eux c'est l'auteur de l'Expo qui... photographie, nous découvrant la
Terre,notre carapace, du haut d'un vol d'oiseau.
Tu peux respirer, chère Tortue Kurma , rien n'est encore perdu. La chance
existe, l'espoir vit, encourageant les découragés.
Si tu veux connaître ce chemin de la guérison, je te conseille d'aller visiter
un site internet
Tu comprendras et tu seras moins triste.
Le
site GoodPlanet.org
Un homme, le français Yann Astrid-Bertrand , élève sa voix pour défendre la
planète Terre
en s'aidant de son appareil photographique.
La Terre est en danger à cause des activités déraisonnables des hommes.On la
voit malade, désertifiée, polluée, sa beauté sérieusement menacée.
Certes, il y a des solutions : c'est le développement durable et l'éducation
sous toutes ses formes.
Si le sort de la Terre vous préoccupe et, parallèlement, si vous voulez
contempler sa beauté,
je conseille à tous les Eurosésamis d'aller visiter le site
http://www.GoodPlanet.org
Vous y découvrirez une information extraordinaire sur la
Terre vue du Ciel.
Le Castor
20/09/07
---------------------------------------------------------------------------
Réponse de la Tortue le 17/10/07 :
Cher Castor,
Je te remercie pour tes réflexions du 20 septembre. Elles ont croisé mon
message du 1er octobre dans lequel je m’efforçais de répondre à mon amie
Mandeika
si angoissée par « les questions premières et dernières ».
Ta comparaison de la terre avec la carapace de mon espèce m’a émue et troublée
en même temps. En tout cas elle m’a rappelé l’aimable et flatteuse
observation
de Mandeika qui disait, dans une de ses premières causeries :
« Tu dois ta mémoire humaniste à ta longévité et à une exceptionnelle
faculté : celle de pouvoir à volonté rétracter ta tête sous le dôme de tes
deux écailles
dont l’une, carrée, est symbole de la Terre et l’autre, ronde, celui du
Ciel. »
Tu poursuis, aujourd’hui, la comparaison en déclarant que : « la Terre est
pour les êtres vivants et morts ce qu'est pour toi ta carapace: abri, refuge,
repos, bénédiction, lieu paradisiaque. »
Je peux t’assurer que, pour ma part, je ne maltraite pas ma carapace au même
point que les hommes maltraitent la terre qu’ils sont en train de transformer
en enfer. Et je me réjouis d’avoir anticipé tes justes remarques, en jugeant
sévèrement l’esprit humain et certaines de ses soi-disant réalisations,
dans mon dernier message.
Je lis dans ton courrier comme une invitation à faire preuve de plus de sévérité
encore. Sans hésiter et avec plaisir, je te rejoins dans tes récriminations :
si j’ai dit que « les tortues et le grenouilles se montrent souvent inquiètes
de voir l’usage peu rassurant que les humains font de cet « outil »… qui
pourrait bien disparaître sans pour autant que l’espèce humaine ne
disparaisse elle-même », je suis prêt à ajouter que cet « instrument »,
souvent si mal utilisé, pourrait être
la cause de la disparition pure et simple de l’espèce humaine mais aussi
d’une grande partie de la matière organique, autrement dit, de la vie.
La terre, elle, sera toujours là. Ceci-dit au risque de décevoir nos frères
humains dont beaucoup associent à leur propre disparition, la disparition non
seulement
de la terre, mais du monde. Quid des espèces végétales et animales déjà si
mal traitées. Quelle modestie !
« Vanitas vanitatum homo ! »
Quant aux fourmis et aux abeilles, je laisse volontiers divaguer mon imagination
et accepte très bien l’idée qu’elles ont depuis longtemps dépassé le
stade
de développement des humains, pour ce qui est de l’esprit qu’elles semblent
tenir « en laisse ». Elles se seraient rendu compte soudain des énormes
dangers
que ce pseudo-organe aurait fait courir à leur espèce et à son avenir ; elles
l’auraient alors sacrifié et remplacé par l’épanouissement extraordinaire
de certains
de leurs instincts combien plus efficaces. Grâce à eux, elles seraient
notamment parvenus à établir des systèmes sociaux bien plus stables et pérennes
que ceux
de certains bipèdes, si fiers de leur science politique et socio-économique.
L’organe en question aurait dépéri et seraient devenu un grossier
accessoire.
Mais tu n’es pas obligé, cher Castor, de divulguer mon histoire qui
s’apparente plutôt à un conte ; à moins qu’il ne soit un mythe que les
abeilles et les fourmis se transmettent de père en fils et de mère en fille,
bien évidemment. N’en dit rien aux évolutionnistes car ils pourraient être
déstabilisés et plongés dans un doute cruel et angoissant ; et « dieu sait
» à quels extrêmes l’angoisse existentielle conduit parfois le cerveau des
hommes ; je te suggère la même discrétion vis-à-vis des créationnistes qui
du haut de leurs convictions et de la certitude que l’esprit est un attribut
divin, ne verraient pas d’un bon œil de le voir traiter comme un vulgaire
appendice.
Quoi qu’il en soit, ce ne sont ni les fanatiques religieux, ni les fanatiques
philosophiques qui nous aideront à sauver la planète qui, encore une fois,
nous survivra vraisemblablement. Ils ne sont là que pour nous pousser à donner
une réponse à des questions pour lesquelles ni croyance ni connaissance ne
sont adéquates.
En pendant ce temps la maison brûle !
Que vive l’indifférence vis-à-vis de la croyance et du prétentieux savoir
sur ces questions énigmatiques ! Et occupons-nous, comme tu le souhaites, de ce
qui nous est proche et urgent. Enfin, pour rassurer, s’il en était besoin,
mon amie Mandeika, j’ajoute que si je dois, un jour, choisir entre l’Esprit-appendice
et la Troisième Renaissance, c’est pour cette dernière que j’opterai sans
hésiter.
Amitiés,
Kurma
l'Avatar
le
17/10/07