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DEFICIT OU EXCES D’IMAGE(S) ?

Les schémas selon lesquels nous pensons l’Europe remontent souvent à une époque révolue :
la Guerre froide.

Depuis plus de quinze ans, nous avons vu se succéder les ruptures :

· chute du Mur suivie de l’implosion de l’URSS qui a fait disparaître, avec la menace soviétique, un des ciments de l’unification européenne,
· élargissement qui a créé une Union européenne différente, hétérogène par l’Histoire (de l’après-guerre notamment), le développement économique et l’écart socio-psychologique (perception de la souveraineté notamment),
· échec du référendum qui témoigne d’une désaffection, d’une méfiance, voire d’un refus, à l’égard de la construction européenne,
· conflit entre les tenants du libéralisme et ceux d’une Europe « sociale ».

Un de mes amis écrit :

« l’erreur est de penser l’Europe comme un système politique unitaire et non comme une union d’Etats disparates »
et d’ « d’oublier que les vieux Etats historiques qui la composent
et leurs sociétés hétérogènes n’entendent pas se couler dans un moule réducteur unique. »

Aujourd’hui, l’image que nous renvoie l’Europe est floue, changeante, difficilement saisissable.

Mais il faut malgré tout, me semble-t-il,

· tenter d’y voir un peu plus clair et, sans prétendre définir une stratégie unique, irréalisable dans l’état actuel des choses,
· examiner les différents scénarios possibles quant à l’évolution de l’UE dans les prochaines années : par exemple, Europe à la carte ou a minima,
politique des petits pas qui permettrait d’adopter certaines des innovations prévues par un projet de constitution en panne, noyau dur, coopérations renforcées, etc.
Nous sommes plusieurs à penser aujourd’hui, non sans regret, certes, que

la taille et la diversité de l’Union imposent… de recourir à des formules souples.

Lesquelles ?

Il faut en débattre.

Pierre Brouillaud, janvier 2006